Les 4 Grandes Tendances du Vin pour 2018

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Les 4 Grandes Tendances du Vin pour 2018

L’agence anglaise International Wine and Spirit Research (IWSR) a dévoilé il y a peu, les tendances du marché viticole pour l’année 2018. Prenant en compte ses remarques ainsi que nos observations, sans revenir sur les différents marchés d’importation ou d’exportation, nous mettons en lumière 4 grandes tendances du vin pour l’année en cours :

LA PRESSION SOCIÉTALE

Les consommateurs sont de plus en plus soucieux de leur santé. Ils demandent donc d’être informés et rassurés avec un produit totalement transparent, traçable et respectueux de l’environnement. En cela, la pression sociétale est de plus en plus forte sur une viticulture qui peine à faire face aux aléas climatiques, et qui tente autant que faire se peut, de répondre aux besoins des consommateurs en limitant les intrants phytosanitaires par exemple. Pour les aider, le CIVC et l’Agence de l’eau Seine Normandie, associés depuis 15 ans pour mettre en application le programme gouvernemental Ecophyto. Objectif : réduire de 50% ces produits dans les vignes d’ici 2025. De son côté, la traçabilité a fait un bon en avant grâce à l’arrivée de la coiffe CLOÉ, un système de traçabilité garantissant l’authenticité des bouteilles de champagne aux consommateurs et facilitant ainsi la lutte contre les fraudes (fiscales, usurpations d’AOC, vols …).

 

L’EFFERVESCENCE DES VINS TRANQUILLES

Sur un marché mondial du vin en légère baisse l’an dernier (-1,2 % en volume), les vins à bulles ont progressé de 7,1 % en volume et de 2,9 % en valeur, à 5,2 milliards d’euros, selon l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV). La production totale avoisine désormais les 8 millions d’hectolitres, un quasi-doublement depuis 2005. « La pétillance, avec sa connotation premium, est mûre pour accueillir de nouvelles expérimentations. Des gins effervescents aux barmen ajoutant du gaz carbonique dans leurs cocktails, nous prédisons que l’ajout de bulles à des boissons traditionnellement plates deviendra un nouveau terrain de jeu. » A titre d’exemples, on retrouve l’Aria di Casanova (Vertmentinu Corse) ou de nouveaux Crémants de Bordeaux via le groupe Castel avec sa filiale Oenolliance, qui a investi 1,5 million d’euros dans un nouvel outil de production.

 

PREMIUMISATION DES EFFERVESCENTS

Dans la guerre des prix qui oppose les vins nationaux, notamment le champagne, à ceux de l’Espagne, il parait inévitable à la viticulture française de jouer la carte de la montée en gamme. Des vins de terroir où l’expression même du terrain est retranscrite dans le verre. Pour cela, il faut des instances fortes, des vignerons conscients que l’enjeu est dans la qualité et pas forcément dans le prix. La notion de valeur prend de plus en plus d’importance sur la notion de volume, même si la force d’une vente se joue dans la complémentarité des deux notions. Cette stratégie de premiumisation est largement appréciée des effervescents concurrents tels que les cava ou les Prosecco. Ces derniers sont de plus en plus nombreux à faire valoir leur labellisation DOCG afin de faire reconnaître leur propre savoir-faire et augmenter les prix. Du côté du Cava, pour répondre à cette stratégie de montée en gamme, Cordorniu lance des cava premium. Justification à cela, les propos du marché anglais, 1er marché d’importation de vins effervescents : « The Holy Grail for wine producers and wine marketers is premiumisation. People are going to drink less and better. »

 

DIGITALISATION & VINS ONLINE

Ce n’est plus un secret, le vin connait une croissance exponentielle dans l’univers de la vente en ligne. Les start-up se développent souvent avec des sommeliers, des stars, des consultants, des vendeurs, des acheteurs. Le rachat du Petit Ballon par Vente-Privée fera date et d’autres initiatives risquent d’arriver dans les mois à venir. En tout état de cause, la part du digital (réseaux sociaux et vente en ligne) sera croissante en 2018. A savoir que plus d’1,3 milliard d’euros de vin a été vendus en ligne en France en 2016 et ce chiffre devrait monter à 1,5 milliard pour 2018, représentant 10 % des achats de vin tous canaux de distribution confondus, d’après l’étude e‑Performance Barometer 2017comme le montre le graphique si dessous. Il faut dire que tout est encore à créer et que de nombreuses initiatives voient le jour telle que Winalist, une plateforme digitale champenoise oenotouristique.

 

Evolution du nombre d’acteurs et du chiffre d’affaires du marché français de la vente de vin en ligne (2007–2017).

CRÉDIT PHOTO : EPERFORMANCE-BAROMETER.COM

 

Sources : Anthocyanes.fr, IWSR, Vitisphère, Mon-Viti, France Bleu, Sud Ouest