4 infos synthétiques sur les exportations transatlantiques de vin

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4 infos synthétiques sur les exportations transatlantiques de vin

Le contexte politico-commercial entre les Etats-Unis et l’Union européenne, portant sur les enjeux d’exportation de vins en direction des U.S.A., nous laisse penser que le secteur viticole risque d’être fortement impacté financièrement. Vous pouvez directement accéder à l’article « Donald Trump et le vin français : les risques pour la profession en 3 points » en cliquant ici. Sinon, voici un rappel de 4 informations sur le fonctionnement des relations commerciales entre les deux territoires.

 

LES DROITS DE DOUANES

 

Sur le vin en bouteille, les taxes douanières sont peu élevées, mais plus importantes dans l’Union européenne qu’aux États-Unis. Aux États-Unis, elles varient dans une fourchette d’entre 5 et 15 cents l’unité environ, en fonction de la nature du vin et du degré d’alcool, selon la Commission américaine du commerce international. En Europe, elles vont de 10 à 30 centimes d’euros, selon la F.E.V.S.

Par exemple une bouteille de vin blanc américain de 13 degrés d’alcool supporte un droit de douane de 10 centimes d’euros pour entrer en Europe, alors qu’une bouteille équivalente importée d’Europe supportera un droit de 5 cents de dollar pour entrer aux États-Unis. Et une bouteille de vin rouge américain de 14,5 degrés d’alcool importée sur le vieux continent supporte un droit de douane de 12 centimes d’euros, alors qu’une bouteille européenne équivalente devra acquitter un droit de douane de 13 cents de dollar.

Sur le vin en vrac en revanche, qui représente un quart de la valeur des vins américains importés dans l’U.E., le droit de douane est plus élevé côté américain que côté européen. Ainsi un litre de vin en vrac à 14,5 degrés supporte un droit de douane de 12 centimes d’euros sur le Vieux continent, et de 22 cents de dollar de l’autre côté de l’Atlantique.

 

 

CLASSEMENT D’EXPORTATION

 

Les Etats-Unis ont exporté 3,5 millions d’hectolitres de vin dans le monde en 2018, un chiffre stable par rapport à 2017, selon l’O.I.V.. Mais la valeur des vins exportés par les Etats-Unis a légèrement baissé, à 1,22 milliard d’euros contre 1,3 milliard en 2017.

Les trois principaux exportateurs mondiaux de vins, l’Espagne, l’Italie et la France, ont exporté à eux trois 54,8 millions d’hectolitres de vins en 2018 (Espagne 21 Mhl, Italie 19,7 Mhl, France 14,1 Mhl) contre 59,4 millions d’hectolitres en 2017 (Espagne 23 Mhl, Italie 21,5 Mhl, France 14,9 Mhl). Ce recul historique de près de 8% des volumes de vins exportés par l’Europe l’an passé est dû à la faible récolte de raisins en 2017 après des gels printaniers, qui a conduit à un très faible volume de vin en 2018.

Malgré cette baisse, le trio viticole européen de tête (Espagne, Italie, France) est parvenu à augmenter la valeur totale de ses exportations en 2018, à 18,4 milliards d’euros contre 17,9 milliards en 2017. Des trois, la France est le pays qui valorise le mieux ses vins, avec une valeur à l’exportation estimée à 9,3 milliards d’euros l’an passé, contre 6,1 milliards pour l’Italie et 2,9 milliards pour l’Espagne.

 

ACCÈS DES VINS AMÉRICAINS AU MARCHE DE l’U.E.

 

L’accès au marché se fait dans les mêmes conditions pour les fournisseurs que pour la plupart des autres fournisseurs hors U.E., qu’il s’agisse de l’Australie ou de l’Argentine par exemple, conformément aux règles de l’O.M.C., selon la F.E.V.S.. L’Union européenne est le premier importateur mondial de vins américains. Sur la période 2008-2018, la valeur des vins américains importés dans l’U.E. a progressé de 33%.

 

ACCÈS DES VINS EUROPÉENS AU MARCHE AMÉRICAIN

 

Si les taxes douanières sont plus basses aux États-Unis qu’en Europe, le système réglementaire d’accès y est plus compliqué que dans l’U.E., et ce depuis la période de la prohibition. Il est en effet interdit à tout exportateur de vendre en direct aux consommateurs américains. Les États-Unis ont institué un système à trois étages obligatoire, les obligeant à passer par un distributeur qui aura lui-même l’accès direct aux détaillants. Ces distributeurs, généralement organisés par État, font des marges comprises entre 20% et 30%, ce qui relève significativement les prix du vin pour les consommateurs, souligne la F.E.V.S.

 

 

Sources : La Revue du Vin de France, Le Parisien