Confusion sexuelle : la Champagne, pionnière dans le vignoble français

Confusion sexuelle : la Champagne, pionnière dans le vignoble français

La confusion sexuelle est une méthode de lutte biotechnique collective contre les tordeuses de la grappe. Respectueuse de l’environnement, cette technique apparaît comme une alternative d’avenir à la lutte chimique. En Champagne, sur les 33 500 ha de vignes en production, 13 200 ha – soit plus d’un hectare sur trois – sont « confusés », faisant du vignoble champenois un précurseur en la matière dans le vignoble français.

Quel est le principe de la confusion sexuelle ?

L’idée de la confusion sexuelle est toute simple : il s’agit de détourner la fonction des phéromones pour gêner la reproduction des papillons de nuit, par l’émission de phéromones synthétiques en grande quantité (ces dernières reproduisant la substance naturelle émise par la femelle pour attirer le mâle). En saturant l’espace cultivé de phéromones sexuelles attractives, on empêche ainsi mâles et femelles de se rencontrer. Les accouplements sont moins nombreux, donnant ainsi moins d’œufs, moins de chenilles … et donc moins de dégâts sur les raisins.

Les clés du succès : une lutte collective

Pour être efficace, la confusion sexuelle doit être mise en œuvre sur des surfaces minimales de 5 ha, et sur une surface continue la plus importante possible.  Ainsi, dans un vignoble au parcellaire très morcelé, la bonne marche de cette technique nécessite une organisation collective : la concertation et l’entente entre les exploitants s’avèrent indispensables. La présence importante de trous dans le dispositif peut en effet mettre en péril l’efficacité de la méthode, surtout en cas de forte pression parasitaire. Ainsi, la chambre d’agriculture de la Marne déconseille l’application de cette technique lorsqu’il y a plus de 10% de refus en surface.

La Champagne exemplaire dans l’application de cette technique alternative 

L’impact de cette méthode sur l’environnement est infiniment moindre que la technique habituelle d’aspersion d’insecticides. De plus, quand  elle est bien pratiquée, la confusion sexuelle apporte un niveau d’efficacité de 70% (c’est-à-dire équivalent à la lutte chimique classique).

Confusion sexuelle2

Pourtant, bien que la méthode ait démontré son efficacité, seul 3% du vignoble français est aujourd’hui protégé par confusion sexuelle – un chiffre bien bas comparé à ceux de la Suisse et de l’Allemagne, où respectivement, 43% et 65% des vignobles bénéficient de cette technique. Parmi les facteurs limitant son développement, son coût : la confusion sexuelle reste plus onéreuse que la lutte chimique et requiert l’accrochage manuel des diffuseurs.

Aujourd’hui, en Champagne 13 200 ha de vignes sont « confusés » – soit plus du tiers du vignoble champenois – dont 12 500 ha dans la Marne. La Champagne représente à elle seule plus de la moitié de la surface du vignoble protégée par confusion sexuelle en France.

Tableau Confusion sexuelle