Covid 19 : La guerre des bulles s’intensifie

Covid 19 : La guerre des bulles s’intensifie

Les consommateurs de vin du monde entier boivent des vins mousseux comme jamais auparavant. Le message des producteurs et des auteurs de vins a été clairement compris. Les bulles peuvent être bu à tout moment. Bien qu’encore leader dans cette catégorie, le Champagne est de plus en plus confronté à une concurrence l’obligeant à évoluer.

Qui sont les principaux pays producteurs ?

La production de vins effervescents a augmenté de 57% depuis 2002. Le monde produit désormais 2,5 milliards de bouteilles ou de vins effervescents. Cela représente un peu moins de 8% de la production mondiale totale de vin de 32,5 milliards de bouteilles.

Le boom des effervescents est notamment dû à la conversion de nombreux producteurs de vins tranquilles qui y ont vu une opportunité de diversification de leurs productions. Dans cette transformation, l’Italie est le devenu le premier producteur en seulement 10 ans, avec près de 5,4 Mhl.  Elle a détrôné la France, celle-ci représentant environ 4,5 Mhl de vins produits par an. L’Allemagne tient la troisième marche du podium avec 2,9 Mhl.

Source : OIV focus « The global Sparkling wine market », avril 2020.

L’impact du COVID 19 sur la position du Champagne

La crise sanitaire du COVID 19 s’est fait particulièrement ressentir pour les vins effervescents. Or à la sortie des différents confinements, la position du Champagne se révèle plus affaiblie que les autres vins effervescents, que cela soit à l’export ou sur notre marché domestique.

A l’export

Les effervescents ont davantage été touchés par la baisse des ventes en comparaison des vins rouges. Ils ont perdu 22,22 % en volume et 28,34 % en valeur. Dans ce contexte, le Champagne est le produit ayant le plus souffert. Or cela a permis aux autres vins mousseux de gagner des parts de marché en volume sur les 10 principaux marchés export du Champagne.

Selon les données de la FEVS, sur les six premiers mois de l’année, les volumes des autres vins exportés ont dépassé ceux du Champagne, par rapport à 2019.  De la même façon, l’écart en valeur s’est fortement réduit, passant de 714 millions € à 468 millions, suite à la chute de la valeur du Champagne de près de 52%.

Source : à partir des données de la FEVS

En France

Avant même la crise sanitaire, les effervescents étrangers étaient les seuls à maintenir une progression en volume et en valeur, en ventes Grande Distribution, en France. Selon FranceAgrimer, ils ont augmenté leurs ventes en volume de 39,6% entre 2014 et 2018, et de 49,9% en valeur. En parallèle, le Champagne a régressé de 19,4% en volume et de 21,4 % en valeur, sur la même période. 

La crise sanitaire a amplifié cette différence. La crise sanitaire n’a épargné aucun vin effervescent, le chiffre d’affaires des ventes total de cette catégorie s’étant effondré de 42% pendant le confinement. Cependant, cela a été bien plus marqué pour le Champagne que pour tout autres vins effervescents.

Face à ces évolutions, le Champagne se doit de maintenir plus que jamais sa croissance engagée depuis 10 ans. N’oublions pas qu’entre 2009 et 2019, les volumes expédiés ne se sont accrues que de 1,3% alors que le chiffre d’affaires a augmenté de 34%. Ce dernier avait alors atteint un chiffre record de 5 milliards € HT.  Aujourd’hui, les opportunités ne manquent pas, réseaux sociaux, enjeux environnementaux et mutations des habitudes alimentaires étant des exemples significatifs.  Reste à la Champagne d’en bénéficier avant les autres, sous peine de voir l’écart se réduire davantage par rapport aux autres vins effervescents.

Sources : V&S news / FEVS / FranceAgriMer.