France : le déclin du vin en 2020

baisse de la consommation de vin d'ici 2020

France : le déclin du vin en 2020

Du dimanche 18 et jusqu’au mercredi 21 juin s’est tenu le salon Vinexpo à Bordeaux, salon durant lequel les différents intervenants ont pu revenir sur l’étude Vinexpo / l’I.W.S.R. (International Wine and Spirit Research), concernant l’évolution et les prévisions de la consommation de vin dans le monde et en France.

S’appuyant sur l’analyse de l’O.I.V.,  on constate qu’au niveau mondial, la consommation n’a que très peu progressé (+0.4%), atteignant les 267 millions d’hl en 2016. Le marché européen étant arrivé à maturité, Vinexpo estime à -2.3% la baisse de la consommation sur ce segment d’ici 2020. Du côté des pays tiers, on peut notamment compter sur le top 3 des plus gros importateurs en volume : l’Allemagne (14.5 M hl), le Royaume-Uni (13.5 M hl) et les Etats-Unis (11.2 M hl, soit +6.5% depuis 2015). La Chine arrivant en cinquième position avec 6.4 M d’hl, affiche une progression de 45 % entre 2015 et 2016. Vinexpo soutien d’ailleurs que « La Chine est amenée à représenter 71,8 % de la croissance du marché d’importation en volume à l’horizon de 2020 ».

La France quant à elle, maintien sa place de second pays consommateur de vin en volume avec 27 M d’hl, devant l’Italie (22.5) et derrière les Etats-Unis. (31.8). Pourtant, elle devrait connaître une diminution de la consommation intérieure de 13% en volume (entre 2011 et 2020). Ce qui ramènera la consommation individuelle française de 100 L/hab/an en 1975 à 43.63 L d’ici 2020. Cette baisse se justifie notamment par le besoin de plus en plus qualitatif qu’exprime la clientèle, au détriment du quantitatif. Selon l’étude, les grands gagnants pour 2020 seront les effervescents qui arboreront une progression de 4%, et les vins rosés (+0.52%), contrairement aux vins tranquilles qui diminueront de 7%.

La communication et l’export vers l’international deviennent alors inévitables afin de capter l’attention des marchés porteurs et garantir au territoire national, sa place de leader sur l’exportation en valeur (8.3 Mds d’euros). Or le vignoble français présente plusieurs fragilités face à ces enjeux.

D’un côté, les derniers aléas climatiques, ravageant chaque année d’importantes parties des domaines viticoles régionaux, impactent directement les rendements et réduisent les stocks disponibles. Cette faiblesse volumétrique peut entraîner une perte des parts de marchés, nos producteurs ne pouvant plus répondre à la demande des marchés extérieurs.

D’un autre côté, sur le terrain des effervescents, le Cava espagnol et le Prosecco italien dominent les exportations en volume avec respectivement 22.9 et 20.6 M d’hl exportés. Ce dernier devrait alors représenter près d’un quart des ventes de vin effervescent dans le monde (+13,6%) en 2020, se plaçant ainsi en tête des vins effervescents les plus consommés au monde en volume. Bien qu’en valeur, le Champagne conserve la première place, des efforts financiers devront être développés pour répondre aux nouvelles attentes des consommateurs, et assurer sa notoriété face à cette concurrence potentielle.

Au final, ces enjeux ne sont pas nouveaux mais ils se font plus que jamais ressentir, cela dans une période délicate pour le vignoble français.

Etude menée sur 28 pays producteurs et 114 marchés de consommation

Sources : idealwine, OIV