Innovation : Vieillir son vin dans des amphores en porcelaine !

amphore en porcelaine

Innovation : Vieillir son vin dans des amphores en porcelaine !

Remplacer les fûts en chêne par des amphores en porcelaine, c’est le projet innovant créé par Biopythos, une start-up située à Limoges.

 

PROJET

L’idée de faire vieillir son vin via cette méthode, a été très appréciée par les professionnels du secteur, puisque la jeune entreprise a pu vendre ses premiers modèles à travers la France, et met en place aujourd’hui une usine de production à Bonnac-la-Côte (Nouvelle-Aquitaine) pour fabriquer à plus grande échelle d’ici septembre. Une subvention régionale de 82.000 € vient appuyer son développement, sur les 200.000 € d’investi par l’entrepreneur.

« Il y a un marché à prendre suite à une demande des consommateurs pour des vins plus frais et fruités » – Mickael Lesvignes, président de Biopythos.

 

AUTHENTICITÉ

Ce projet innovant prend racine dans l’histoire de la viticulture gallo-romaine, et a pu se développer au sein de l’incubateur du pôle européen de la céramique, jusqu’à la création en novembre 2017 de Biopythos. « La céramique ne va apporter aucun arôme, aucun goût au vin. C’est très intéressant pour garder l’authenticité du cépage, du terroir et tout le savoir-faire du viticulteur. » nous explique Mickael Lesvignes. Une argumentation qui a séduit Frédéric Bourgoin, jeune producteur de Cognac et de Pineau des Charentes près d’Angoulême. La forme de l’amphore reste primordiale selon lui. Cet ovale, tel un oeuf, est moderne, attractif mais surtout utile au vieillissement du vin : « On n’a aucun angle qui peut bloquer les mouvements de flux dans le liquide, du coup on a une sorte de mouvement de vortex et ça va permettre de gagner en texture, en gras, en arômes. ». Les amphores de Biopytos ont une capacité qui varie de 20 à 500 litres, et garantie supplémentaire, elles sont totalement opaques.

 

PHASE DE TESTS

Le viticulteur charentais a donc décidé de faire le test, en terminant l’élevage d’une vingtaine de litres de Pineau (préalablement vieillis durant un an en fût de chêne, comme l’impose la réglementation), dans un œuf en porcelaine placé à l’extérieur pour soumettre son cépage aux variations de températures naturelles. « L’intuition, c’est qu’on pourra peut-être créer de petites notes de curry par exemple, qu’on obtient habituellement avec des vieillissements très très longs, avec des Pineaux de 40 ans. » Pour savoir si son intuition est bonne, le charentais doit attendre la première dégustation prévue fin septembre.

Biopythos attend aussi le verdict de la dizaine d’autres viticulteurs qui testent ces amphores à travers la France. Leurs crus seront prêts d’ici un an environ et ça permettra de voir non seulement si le résultat escompté est au rendez-vous, mais aussi si cela justifiera le surcoût de ces amphores en porcelaine par rapport à des fûts classiques, sachant que les tarifs peuvent aller jusqu’à 3.500 euros pour le modèle de 500 litres qui mesure 1,50 mètres de haut.

 

Source : Francebleu, Vins-et-spiritueux