La viticulture à l’ère du numérique

La viticulture à l’ère du numérique

Les objets connectés sont présentés comme la première révolution technologique de ce 21ème siècle. Pour quelles innovations dans le monde du vin ?

Avec un chiffre d’affaires qui devrait dépasser les 400 millions d’euros en 2015, le marché des objets connectés n’en est qu’à ses prémices et les prévisions de croissance sont exponentielles pour les prochaines années.  Ces nouvelles technologies représentent également un enjeu de would poids dans le secteur viticole. Pour quelles applications ? Ces innovations sont-elles adaptables en Champagne ?

En France d’ici 2020, c’est à dire le temps que sorte de nos caves de Champagne le prochain millésime, nous disposerons de plus de 20 milliards d’objets intelligents, soit 30 par foyer (1). Mais qu’est ce qu’un objet connecté ? Il s’agit d’un objet équipé de capteurs et d’une connexion Internet, permettant de recevoir des informations, d’en transmettre et pouvant être piloté à distance.  Depuis la montre qui suit votre santé au quotidien ou le find frigo qui pourra commander du lait en cas de pénurie, les idées d’applications ne manquent pas. Jusque dans les vignoble, où des start-up innovantes surfent sur la vague du tout connecté pour faciliter le travail du vigneron, depuis la gestion des parcelles jusqu’à la dégustation. Tour d’horizon des vignobles connectés.

 

Vigne Filière ChampagneOutils d’aide à la décision à la parcelle

Dans le Bordelais, des crus prestigieux utilisent désormais des drones pour détecter le degré de maturité des raisins. Le système collecte des captures infrarouges qui, croisées avec des données satellitaire et météo, permettent de programmer les vendanges de manière optimale. Dans le même esprit, la vue par satellite fournit aux vignerons une photographie de la vigueur de ses vignes, avec une précision permettant de sélectionner pour les grands vins les meilleurs raisins à l’intérieur de chaque parcelle.

Les outils de gestion de l’irrigation – même s’ils ne sont pas prêts d’être utilisés en Champagne – sont également un marché porteur. En Californie, où l’irrigation de la vigne devient indispensable mais la ressource en eau se fait de plus en plus rare, une jeune société française a développé un système de capteurs, qui s’installent directement sur les pieds de vigne, pour mesurer le stress hydrique de la plante et calculer précisément ses besoins en eau. Les données, recueillies par réseau sans fil, sont ensuite couplées avec des informations météorologiques afin d’optimiser les périodes d’arrosage.

Toujours dans l’irrigation de précision, une jeune PME héraultaise vient de lancer le premier débitmètre connecté, capable de mesurer en temps réel les quantités d’eau irriguées dans les parcelles. L’outil permet de détecter les fuites ou l’arrêt de la pompe et surtout de pallier à l’approximation des compteurs, qui peuvent avoir une marge d’erreur de 60 %. Une solution d’avenir dans le vignoble languedocien, où l’irrigation est de plus en plus courante.

Les robots vignerons deviennent une réalité

Pour disposer d’une main d’œuvre à moindre coût et faciliter les travaux à la parcelle, plusieurs sociétés françaises ont développé des « robots – vignerons », pilotés par wholesale mlb jerseys smartphone, qui tondent ou taillent vos vignes en toute autonomie. Un robot de désherbage mécanique, actuellement à l’essai sur le domaine du CIVC, est ainsi capable d’effectuer des demi-tours et de suivre les rangs sans intervention d’un opérateur.  Son coût raisonnable et sa simplicité d’utilisation permettent d’envisager un développement prochain dans le vignoble champenois. Autre outil d’avenir, un robot de taille développé en Bourgogne et fonctionnant à l’énergie solaire, pouvant tailler jusqu’à 600 pieds de vigne par jour.

En plus de réduire les charges de main d’œuvre, ces robots peuvent enregistrer des données sur chaque pied (maladies, pieds manquants) et les reporter sur la carte du vignoble, permettant de fournir de précieuses informations pour la surveillance du domaine.

Traçabilité connectée pour une sécurité à l’export

Les applications se développent également en aval de la production, notamment pour optimiser la traçabilité. Pour protéger leur vin de la contrefaçon, qui sévit dans les marchés asiatiques et particulièrement sur le marché chinois (15ème marché export du Champagne avec 1,6 millions de bouteilles), de plus en plus de domaines adoptent des systèmes « d’empreinte wholesale nfl jerseys digitale anti contrefaçon ». Une empreinte unique sur chaque bouteille (QR code) permet au consommateur d’identifier un vin grâce à son smartphone en accédant aux informations utiles : provenance, producteur.  Certains de ces systèmes proposent même des capteurs qui indiquent si la bouteille a été ouverte. Une solution qui pourrait apporter une sécurité supplémentaire aux exportateurs champenois présents sur les marchés à risque.

Le consommateur aussi sera bientôt connecté…

De nouveaux services dédiés aux cheap jerseys consommateurs commencent à voir le jour.  L’amateur de bons vins pourra bientôt connaitre la composition de sa cave et en tenir l’inventaire via son smartphone.  Une autre innovation propose de contrôler en temps réel la température de sa cave à distance, grâce à un boîtier de contrôle et une sonde, et de reproduire chez soi les conditions de conservation de grands domaines.

Enfin, la dégustation du vin sera elle-même bientôt connectée… avec l’invention d’un a « boitier de dégustation » permettant de consommer la bouteille choisie à la température idéale. Actuellement encore au stade de prototype, il ne fait nul doute que ce dernier devrait permettre au consommateur de boire du champagne bien frais.

Ces quelques exemples d’application ne sont certainement que le début de la révolution numérique en marche et nous donnent une idée des innovations qui nous attendent demain dans les vignobles. Au-delà des nouveaux outils pour améliorer la production et faciliter le travail du vigneron, le développement de services dédiés au consommateur va sans aucun doute ouvrir de nouvelles perspectives en marketing et communication pour augmenter les ventes. Pour la filière, ce sera autant d’opportunités à saisir et surtout à anticiper.

 (1) D’après une étude de GfK Consumer Choices France


Anne Lauvergeon au Viteff
Anne Lauvergeon au Viteff

Anne Lauvergeon : « Nous sommes à l’aube d’une viticulture 4.0, mais on garde l’essentiel : le terroir et le savoir-faire ».

A l’occasion du salon Viteff, Anne Lauvergeon a animé les 12èmes Rencontres Espace Champagne, organisées par le Crédit Agricole du Nord Est, wholesale nfl jerseys sur le thème des objets connectés. L’ancienne Présidente d’Areva est depuis 2014 à la tête de la société Sigfox, le premier opérateur de réseau dédié à l’Internet des objets, qui couvre aujourd’hui 90 % du territoire français.

Anne Lauvergeon a rappelé les enjeux de cette 3ème révolution numérique, après la vague d’Internet, puis celle des smartphones : cheap nba jerseys « Demain il y aura la vague des objets connectés. En France, nous sommes passés à côté des deux premières vagues. Nous ne devons pas rater cette nouvelle opportunité ». La Présidente de SigFox est cependant optimiste, rappelant que nous disposons dans l’hexagone d’un large réseau de start up innovantes, qui développent déjà des objets destinés à simplifier notre quotidien de consommateur, mais également celui des professionnels. « L’acte de production sera de plus en plus entouré d’objets, précise-t-elle : dans le monde viticole, ils permettront au viticulteur d’avoir un véritable tableau de bord à sa disposition pour éclairer ses décisions au niveau de la production. En aval, les applications destinées au consommateur, permettant Walk-offs par exemple de connaître en direct la composition de sa cave et de racheter une bouteille qu’il vient de consommer, apporteront de nouvelles opportunités pour augmenter les ventes et fidéliser la clientèle ».  Avec un point fort pour le développement de cette nouvelle technologie : son très faible coût. Les échanges de données via un objet connecté ne coûtent qu’un euro par an.

Si certaines applications sont déjà connues dans le monde du vin, un grand nombre reste encore à imaginer.