L’assurance récolte viticole : est-ce un sujet ?

L’assurance récolte viticole : est-ce un sujet ?

Les derniers épisodes de gel ont fait de nombreux dégâts dans les régions viticoles dont certaines avaient déjà été sérieusement touchées en 2016. Face à ce risque répété, la question d’une assurance récolte obligatoire se pose.

La FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles)  et, plus récemment, la Confédération des vins IGP (Indications Géographiques protégées) sont très préoccupés par les incidents climatiques pluriannuels, d’autant que seulement 15% du vignoble français serait assuré. Ils ont plusieurs fois expliqué que le fonds de calamité agricole financé par l’Etat ne peut être activé qu’en cas de «perte de fonds» (c’est-à-dire de destruction totale des plantes et de la récolte par une intempérie), mais pas en cas de baisse de récolte. Ainsi, plusieurs exploitations viticoles françaises sont en périls.

Pour eux, ce constat aboutit à la même conclusion : obliger tout un chacun à s’assurer. Plus encore, pour Jérôme Despey, vice-président de la FNSEA, l’obligation serait liée à l’octroi des aides OCM (Organisation Commune du Marché) qui ne seraient versées qu’aux entreprises assurées.

Toutefois, la situation doit être nuancée selon Bernard Farges, président de la CNAOC (Confédération Nationale des producteurs de vins et eaux de vie de vin à Appellations d’Origine Contrôlées). Pour lui, la décision reste au niveau des entreprises car certaines AOC ont mis en place des systèmes de sécurité, comme la réserve climatique à Cognac.

Le cas de la Champagne invite à cette nuanceNous  n’avons pas été épargnés par les gelées de printemps. Le département de la Marne a été sérieusement touché, notamment dans la montagne de Reims, la Vallée de l’Ardre et le massif Saint Thierry. L’Aube est également concernée, certaines zones ayant gelée pour la deuxième année consécutive. Le Comité Champagne estime à 25% de terres cumulées, gelés à 100%. Cela étant, depuis 2011, il existe une réserve propre à chaque exploitation qui consiste à mettre une partie de la récolte les bonnes années afin d’en disposer en cas de récolte déficitaire (gelée, grêle,…).  De fait, les assurances récoltes ne sont pas la priorité des exploitations champenoises qui ont encore une réserve individuelle suffisante pour pallier les baisses de production.

Il n’en reste pas moins que le sujet des assurances doit être abordé car la baisse prolongée de la production des vins français réduit d’autant la capacité à maintenir des parts de marché dans un contexte concurrentiel, faute de marges dégagées suffisantes.