[Innovation] Voici les Lauréats du Concours Robotique en Champagne !

Robotique Vignes Champagne

[Innovation] Voici les Lauréats du Concours Robotique en Champagne !

Le « Concours Robotique » de Champagne, qui a eu lieu lors de la 21ème journée « Vignoble et Qualité », dans la grande salle panoramique de Nicolas Feuillatte à Chouilly, dans la Marne, a accueilli près de 400 participants.  Deux acteurs se retrouvent sous le feu des projecteurs : Vitibot et Pellenc associé à Agreenculture. Les deux candidats y voient une ascension dans le développement de robots au coeur des vignes champenoises d’ici 3 ans. Et pour causes, le métier de vigneron fait face à des difficultés en terme de recrutement (1.000 salariés en CDI manqueraient en Champagne), de réglementations environnementales, notamment l’arrêt programmé de l’utilisation du glyphosate, qui poussent non seulement les viticulteurs à adapter leur activité et leurs exploitations, mais aussi des acteurs de la robotique appliquée à la viticulture à sortir de terre.

 

INDUSTRIALISATION DE LA PRODUCTION DE ROBOTS

 

La Champagne se veut exemplaire et moteur en la matière. Le Comité Champagne sélectionne ainsi deux projets parmi six en tout qui se sont portés candidats à son « Concours Robotique ». L’objectif est de « disposer d’ici trois ans d’engins autonomes performants pour l’entretien des sols et la protection du vignoble », autrement dit d’industrialiser la production de robots. L’accord Pellenc – Agreenculture et le local Vitibot sont les heureux gagnants. Le premier a développé une flotte pour les grandes cultures en association avec Kuhn. Baptisé Challenge Centéol, le projet a consisté à mener toute une campagne céréalière robotisée, hors moisson. Vitibot a, lui, développé deux prototypes de robots vignerons, appelés Bakus et met au point un modèle pour les vignes hautes. Pendant 3 ans, les deux lauréats bénéficieront d’un financement global de 300.000 euros et de l’accompagnement du pôle technique et environnement du Comité Champagne.

 

SPÉCIFICITÉS CHAMPENOISES

 

La filière avance en ordre dispersé face au saut technologique que représentent les robots. Le « Concours Robotique » du Comité Champagne, par exemple, spécifie bien que les engins développés soient adaptés « aux spécificités champenoises ». L’association RobAgri soutient le projet, mais aucun relais n’est pris par une structure nationale. Reste à espérer que si l’expérience réussit, les autres « spécificités » puissent en profiter avec des développements adaptés. Toutefois, Vitibot donne une information qui permet d’ouvrir le champ d’application : le constructeur espère en effet mettre au point un prototype de robot électrique autonome pour vignes larges à l’horizon début 2020, dans moins d’un an.

 

RETARD ACCUMULE

 

Les responsables de la filière viticole seraient pourtant bien inspirés du virage pris par l’élevage laitier il y a déjà plus de 20 ans, et qui continue à l’heure actuelle. Robots de traite, racleur, robot pousse fourrage, robot d’assistance pour les poules, etc. deviennent monnaie courante sous les bâtiments. Côté céréaliers, certains automatisent aussi leur manœuvre et séquence en bout de champ en association avec le guidage RTK. Pour tout le monde même, le drône et son pilotage automatique est même désormais bien connu. Mais voilà, la filière ne se retrouve qu’aujourd’hui au pied du mur, celui des moyens humains. Il n’y a plus personne à embaucher. Elle se tourne donc vers les machines automatisées : robot guidé par RTK pour porter l’opérateur pendant la taille, avec l’objectif de diminuer les TMS, ou encore robot autonome pour le désherbage mécanique en vue de la diminution de l’usage des herbicides, sont les usages les plus avancés. Le prochain usage identifié concerne une autre exposition : celle des opérateurs à la pulvérisation. A moins que les drones ne s’en chargent.

Ainsi, on ne peut être qu’enthousiastes en imaginant la robotique comme la solution à tous les maux. Or, les travaux de la robotique viticole devancent en France, mais aussi en Europe, la réglementation qui émet quelques doutes encore sur le niveau de sécurité des machines en circulation. Si l’on compare cette situation à celle de la robotique industrielle, notamment dans l’industrie automobile, l’hexagone a réglementé tardivement. Pour rappel, il y a à peine un an, des députés européens ont soumis un rapport à la Commission européenne,  dans lequel ils demandaient de statuer sur la robotique et l’intelligence artificielle.

 

Source : Vitisphère