Le champagne Vadin-Plateau s’exporte

Le champagne Vadin-Plateau s’exporte

Face aux difficultés pour retrouver une clientèle fidèle au sein du marché français, le Champagne Vadin-Plateau s’est lancé à l’export. Une démarche accompagnée par le Crédit Agricole du Nord Est et son partenaire Altios International.

Un peu d’histoire  

Récoltant manipulant situé en plein cœur de la Vallée de la Marne dans le village de Cumières, le Champagne Vadin Plateau transmet sa culture et sa passion du vin depuis 9 générations.

Depuis l’acquisition des premières vignes en 1785 par le fondateur Joseph Plateau, à l’achat du premier pressoir et la création de la marque Vadin-Plateau en 1958, le vignoble s’est constitué au fil des générations, chacune écrivant une nouvelle étape de l’histoire vinicole familiale.

Le Domaine s’étend aujourd’hui sur sept hectares, répartis sur sept villages, dont certains sont classés Premiers et Grands Crus : Aÿ, Pourcy, Hautvillers, Cumières, Damery, Venteuil, Château-Thierry.

Cette palette de terroirs, composée à 44 % de Pinot Meunier, 39 % de Pinot Noir et 17 % de Chardonnay, offre une véritable diversité d’arômes pour laisser s’exprimer toute la créativité du vigneron.

Les dernières évolutions

Yann Vadin a repris l’exploitation en 2012 et a engagé une évolution aromatique. Pour arriver à cela, le vigneron a enrichi sa cuverie d’une quinzaine de fûts utilisés notamment au moment des assemblages. Depuis 2011, des cuves ovoïdes en argile sont également utilisées pour la vinification et l’élevage, ouvrant de nouvelles possibilités de travailler le vin, en apportant de la minéralité et en concentrant les arômes. Grâce à cette vinification singulière, la maison propose à ses amateurs une gamme de 7 cuvées différentes, permettant d’accompagner les repas de l’apéritif au dessert. Une déclinaison de vins croquants et élégants, aux arômes délicieusement complexes.

La nécessité de chercher des nouveaux débouchés

Jusqu’en IMA_1752 copie2012, comme la majorité des vignerons champenois, le champagne Vadin-Plateau était orienté à 100 % sur le marché domestique, avec une clientèle traditionnelle qui était celle des grands-parents et des parents de Yann. Ces consommateurs habituels étaient complétés par une clientèle de passage, très présente grâce à l’organisation des visites et la collaboration avec des autocaristes français et belges.

Mais depuis la crise, le passage a fortement diminué, alors même que le caveau se situe sur une route passante, juste à côté d’Hautvillers. Aujourd’hui, le marché français ne repart pas et le développement de cuvées parcellaires haut de gamme, produites entre 200 et 500 bouteilles, ne semble pas correspondre nécessairement à la clientèle habituelle.

 

Face à ces nouveaux défis, Yann Vadin s’est orienté vers l’export dès son arrivée dans le domaine.


3 questions à Yann Vadin, Gérant du Champagne Vadin-Plateau

Yann Vadin :  » L’export est un travail de longue haleine. Notre objectif est de persévérer, et même si nous sommes conscients qu’il va nous falloir encore quelques années pour y arriver, pour nous c’est l’avenir. »

Quand avez-vous initié votre démarche à l’export ?

Yann Vadin. J’ai repris le domaine il y a 4 ans, après avoir terminé une licence professionnelle en Commerce International des Vins et Spiritueux à Reims. J’ai réalisé mes 6 mois de stage en Australie et je parle couramment anglais. Dès mon installation, j’ai envisagé de partir à l’export, ma formation aidant, mais surtout face à la nécessité de diversifier notre clientèle.

De fait, dès mon arrivée nous avons commencé par travailler sur notre communication, changé l’habillage et réfléchi à la manière de raconter l’histoire de la maison. Puis nous avons décidé de nous lancer à l’international.

Quels marchés avez-vous ciblés ?

Yann Vadin. La première année, nous avons ciblé le Japon et les Etats-Unis, les deux plus gros pays tiers importateurs de  champagne, qui sont des marchés à forte valeur ajoutée. Notre première difficulté a été de trouver de bons importateurs : faire des recherches sur Internet prend du temps et surtout nous n’avons pas de garantie du sérieux de ceux que l’on trouve.

Pour pénétrer le marché japonais, nous nous sommes tournés vers le Crédit Agricole et son partenaire Altios International pour une mission privée de prospection. Nous leur avons exposé le type d’importateurs que nous recherchions et nos volumes disponibles. Après 3 mois, ils nous ont proposé une sélection de 7 importateurs qui correspondaient à notre demande, principalement situés sur Tokyo. Nous nous sommes déplacés avec eux pour rencontrer ces prospects et la démarche a porté ses fruits : deux jours avant notre départ, l’un des importateurs nous a commandé des palettes. Nous avons fidélisé ce contact et depuis nous travaillons avec lui sur des volumes de 800 bouteilles chaque année, la moitié en BSA et l’autre en cuvées parcellaires. Le marché japonais nous correspond bien car il est très friand de champagnes atypiques et de millésimes.  La mission privée avec Altios International a été ciblée et efficace : ils connaissent bien le marché et ont des relais locaux. Cette démarche a un coût mais nous avons pu bénéficier d’une subvention de la Région qui a pris en charge 50 % des frais.

En parallèle, nous avons également commencé à développer les Etats-Unis. Je m’y suis déplacé 5 fois pour des prospections sur la côte Est et la côte Ouest. Cela a pris une année, mais nous avons réussi à trouver un importateur qui nous achète autour de 1200 bouteilles. Sur ce marché, notre champagne plaît au client mais notre difficulté est notre manque de notoriété pour le valoriser au prix que nous souhaitons.

Quelles sont vos ambitions pour la suite ?

Yann Vadin. Pour le moment, nous exportons environ 2500 bouteilles et nous souhaitons augmenter ce volume dans les années à venir. Sur l’Europe, nous avons commencé à travailler avec l’Italie, la Suisse et l’Allemagne, qui représentent encore de petites quantités, mais nous travaillons à les développer. Sur les pays tiers, nous cherchons à pénétrer l’Australie et la Nouvelle Zélande. Nous étions présents sur le salon Prowein au mois de mars et nous y avons rencontré un importateur australien, qui vient de passer sa première commande. Nous avons prévu de nous y déplacer pour prospecter avec lui sur ce nouveau marché. La prospection engendre des frais importants sans garantie de résultats. C’est un des principaux freins pour se lancer à l’international.

Côté risques de change, nous avons été conseillés par le Crédit Agricole sur la possibilité d’ouvrir un compte en devises, pour nous permettre d’encaisser en monnaie locale et éviter les fluctuations de cours pendant le délai entre la facturation et le paiement. Pour le moment, nous n’en avons pas eu besoin car nos clients nous paient en euro, que ce soit au Japon ou aux Etats Unis. Mais nous savons que ce service existe et que nous pouvons le proposer à nos clients.

Au final, cela fait 4 ans que nous nous sommes lancés à l’international, mais seulement un an et demi que nous avons vraiment commencé à exporter. Il faut du temps pour fidéliser la clientèle existante, aller chercher de nouveaux prospects et, surtout, il faut du temps pour que notre marque soit reconnue. Nous travaillons sur notre communication pour cela, d’autant que les marchés à l’export sont de plus en plus concurrentiels. Le Japon, par exemple, est un marché difficile. Les japonais sont sensibles aux critères environnementaux, c’est pourquoi nous travaillons en viticulture durable et allons prochainement être certifiés « Haute Valeur Environnementale » de niveau 3. D’une manière générale, sans certification, cela va être de plus en plus dur de se faire reconnaître à l’étranger. 

Plus d’information sur le champagne Vadin-Plateau : www.champagnevadinplateau.com

Crédit Photos : champagne Vadin-Plateau