Nouvelles tendances alimentaires : Opportunité pour le Champagne ?

Nouvelles tendances alimentaires : Opportunité pour le Champagne ?

La déstructuration des repas et le développement de la consommation de snacking remettent en question la place de l’association mets et vins. Quelle place peut avoir le Champagne dans cette tendance ?

La remise en cause structurelle du format alimentaire classique.

Selon la CNIV, depuis 1968, la part des boissons alcoolisées a diminué dans le panier alimentaire français, tandis que les achats de boissons non alcoolisées se sont développés. Cette tendance se poursuit durant la dernière décennie, avec une perte de foyers acheteurs et une diminution de la quantité achetée (de 653 à 629 unités d’alcool par an entre 2012 et 2018).

Cette décroissance de la consommation des vins connait une nouvelle accélération avec notre manière de nous alimenter : aujourd’hui, un repas sur quatre est pris hors domicile (+13 % depuis 2014). Les repas à domicile se simplifient : les entrées, les plateaux de fromage et les desserts sont moins fréquents. Le contenu de l’assiette évolue : moins de plats à base de viande ou de charcuterie, plus d’aliments d’origine végétale (céréales, légumineuses, herbes, épices…).

Cela impact la consommation des vins tranquilles : les rosés et les rouges sont les piliers de la consommation lors des repas quotidiens. Or, toujours selon la CNIV, celle-ci a tendance à régresser, pour toutes les catégories de consommateurs.

La clientèle des vins effervescents s’érode également dans le temps (814 000 foyers perdus depuis 2011). Mais surtout, cette année, c’est la quantité achetée qui a diminué. Les foyers modestes, mais aussi les plus aisés ont diminué leurs achats, sans s’inscrire dans la tendance du « moins mais mieux ».

Le développement du snacking

Manger sur le pouce est devenu une habitude pour de nombreux Français. Aujourd’hui, il s’agit de la principale manière de s’alimenter hors de son domicile -au regard des déjeuners et dîners pris sur une semaine classique.

Dans ce contexte, le snacking est devenu un véritable phénomène de société et représente une opportunité pour tous les acteurs de la restauration hors domicile. Ainsi, on observe une véritable montée en gamme globale du secteur -même les chefs étoilés se sont positionnés sur le créneau.

Les concepts et l’offre valorisent les ingrédients de qualité, ce qui a poussé de nombreux acteurs à miser sur le fait maison et le fait minute. Cela va d’ailleurs en cohérence avec les tendances de consommation à domicile. Les français important leurs habitudes alimentaires au sein même de leur ménage. Ainsi le snacking à domicile se développe. Il représente 9 millions d’occasions de consommation par semaine. Cela est possible avec le développement des services de portage de repas à domicile : 6 % des Français ont déclaré y avoir eu recours sur le premier trimestre 2019.

Une situation favorable pour le Champagne

Le Champagne a sans doute une carte à jouer dans l’accompagnement de ces nouvelles tendances alimentaires. Les dernières campagnes de communication du SGV montrent que la filière champenois en est consciente. La diversité des cuvés et la possibilité d’une consommation immédiate place notre produit en bonne position.

Cela n’est cependant possible qu’en travaillant avec un réseau de distribution et de livraison adaptés mais aussi en proposant le bon format de bouteille selon les lieux et conditions de ces nouvelles tendances de consommation. Ces adaptions deviennent primordiales dans un contexte sanitaire défavorable aux traditionnelles habitudes de consommation du Champagne.

Sources : FranceAgriMer, CNIV, le Dauphiné