Qu’est-ce qui fait la réussite de l’Oenotourisme ?

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Qu’est-ce qui fait la réussite de l’Oenotourisme ?

David Martin, directeur général de Ted Conseil, une entreprise qui accompagne les acteurs publics et privés dans leur stratégie et développement touristique, est intervenu lors du Vinocamp le 23 novembre à Angers. Son discours était centré sur deux points : la confusion qui réside entre l’oenotourisme et le tourisme pur et dur, et l’expérience client.

De manière générale, lorsque l’on parle d’oenotourisme en France, on y voit un moyen de développer la vente directe et l’image d’un domaine, ce qui correspond en réalité à la définition du tourisme :  « Le tourisme consiste à créer de la valeur ajoutée lors d’une visite » selon David Martin. Or, l’essence même de l’oenotourisme consiste à  ne pas vendre que du vin« (…) mais à créer de la valeur à partir de la visite d’un lieu autour du vin » ajoute-t-il. De ce fait, les simples visites de caves ne font pas partie de l’oenotourisme. Ainsi, les vignerons et maisons de vins n’ont pas de monopole sur l’oenotourisme, qui peut également être pratiqué par d’autres secteurs d’activité comme la restauration et l’hôtellerie.

Alors comment s’y prendre pour créer de la valeur ? Il faut commencer par se transformer en ce que David Martin surnomme, les « designers du souvenir ». Autrement dit, on doit construire et piloter une véritable expérience de visite. Celle-ci passe indéniablement par le « storytelling », qui consiste en l’élaboration d’un récit autour d’une marque et/ou d’un produit, appliqué lors d’un parcours de visite. L’étude du cabinet Origin /Hill Holliday montre qu’un produit ou service présenté sous forme de storytelling, attire environ 5% de clientèle supplémentaire. De plus, les clients sont prêts à payer entre 5 et 11% plus cher pour un même produit, selon l’efficacité de la narration qui fait appel à l’émotion.

Ainsi, le succès de l’expérience dépend de plusieurs facteurs :  l’émotion demeure déterminante puisque « Nous sommes des êtres d’émotions avant d’être cartésiens » rappelle David Martin. L’émerveillement, « La visite doit provoquer un effet Wow ! ». Enfin, pour une meilleure expérience client, le visiteur doit devenir acteur, ce qui conduit à réfléchir à un processus d’immersion parsemé d’interactions humaines, grâce à une dimension de partage et à la tangibilité de la visite.

Le digital participe également à la création de valeur, d’une part en amont pour la gestion de données, la connaissance des comportements de sa clientèle, et la mise en place de stratégies marketing précises. D’autre part en aval,  grâce à la personnalisation de la visite, à l’amélioration des interactions entre l’homme et la machine ou d’hommes à homme, et à leurs effets psychologiques : « Les neurosciences ne savent pas encore très bien l’expliquer, mais il y a une fascination de l’écran et de l’image qui permet de capter l’attention ». Bien employé, le digital permettra ainsi de transformer les clients en véritables ambassadeurs du domaine viticole, mais attention, il doit rester un outil d’accompagnement, un outil complémentaire à l’expérience apportée au client, et ne doit pas se substituer aux relations humaines que viennent chercher les oenotouristes !

 

Source : Vitisphère, Filière Champagne du Crédit Agricole Nord Est