Réchauffement Climatique = la Destruction Créatrice de Vignes ?

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Réchauffement Climatique = la Destruction Créatrice de Vignes ?

Le réchauffement climatique est un problème majeur posé à l’humanité. L’année 2016 a été la plus chaude jamais enregistrée. La Terre se réchauffe et les catastrophes climatiques se font plus fréquentes, plus intenses. Les écosystèmes sont menacés, ainsi que nos cultures. Les conséquences sur la viticulture nationale se font bien ressentir.

 

Quelles en sont les origines ?

L’effet de serre, un phénomène naturel, est le principal levier de ces évolutions climatiques. Avec la chaleur du soleil qui rentre et reste piégée dans la couche d’ozone, l’effet de serre produit fait monter la température du globe.

Ainsi la température moyenne à la surface de la Terre est de 15 °C. S’il n’y avait pas cet effet de serre naturel, la température moyenne serait de -18 °C, incompatible avec la vie humaine.

Mais depuis plus d’un siècle et demi, les activités humaines émettent de plus en plus de gaz à effet de serre (GES). Les transports, l’industrie, la production d’énergie ou la déforestation sont à l’origine d’émissions de GES que la Terre ne peut plus naturellement absorber – et la température augmente, comme depuis 1880, enregistrant une augmentation de 1,3° C entre 1880 et 2016 (cf. graphique ci-dessous).

 

réchauffement climatique

Sources : NASA/Goddard Institute for Space Studies

 

Quels impacts sur les récoltes ?

Les vignerons français subissent de plein fouet le réchauffement climatique et l’augmentation de la chaleur globale, poussant le raisin à une précoce maturité. Les spécialistes parlent de trois semaines d’avance en moyenne, par rapport aux années 1980.

Cette, en Champagne, dans certaines communes, les vendanges ont commencé le 26 août. Récoltes qui avaient presque deux semaines d’avance. 

 

dates vendanges evolution graph

 

Ces vendanges prématurées ainsi que la chaleur ont de multiples contraintes : cela abîme le raisin, fait monter le taux de sucre (qui définit le degré d’alcool), fait chuter l’acidité,  perturbe le développement des arômes, donc le goût du vin, de même que pour sa couleur ! De même, la biodiversité serait mise en péril (20 à 30 % des espèces végétales et animales seraient menacées d’extinction).

Greenpeace dans un rapport publié en 2009, a annoncé que si les températures augmentaient de 4, voire 6 degrés d’ici à 2100, « une grande partie des vignobles traditionnels (comme les vignobles méditerranéens) pourraient disparaître ». En 2013, une étude américaine expliquait que la surface des terres européennes propices à la culture de la vigne diminuerait en moyenne de 68 % d’ici à 2050 à cause du réchauffement (à condition que rien ne change d’ici là).

A contrario, on recense quelques effets positifs. Ainsi la sécheresse fait reculer le mildiou ; en Champagne ou en Alsace, les raisins peinaient autrefois à parvenir à maturité faute de soleil. Aujourd’hui, même le Pas-de-Calais se met à planter des vignes ! Les vins rouges acquièrent plus de typicité et de caractère.

En Suisse, l’évolution est vu de manière positive : «Nous pouvons amener plus facilement à une belle maturité certains cépages traditionnels. Cela nous permet aussi de cultiver des cépages qui nous étaient jusqu’ici inaccessibles car trop tardifs, comme les Cabernets», s’exprime une viticultrice vaudoise. La qualité actuelle des vins suisses est «supérieure à celle que l’on obtenait il y a quinze ans», confirme Werner Siegfried, chercheur à la station Agroscope de Wädenswil. Autre exemple, dans la Patagonie chilienne, pays connu pour son climat froid et pluvieux, on est en mesure de produire du Sauvignon gris ou du Pinot gris. Mêmes résultats pour le Québec où l’on fait pousser du chardonnay et du pinot noir avec un vin rouge atteignant 13,5 degrés d’alcool.

 

Vers un changement de nos pratiques viticoles ?

La question du climat inquiète, d’autant plus que la filière viticole française est le deuxième secteur d’exportation français, avec un excédent de 10,5 milliards d’euros selon la Fédération des exportations de vins et spiritueux en France, derrière l’aéronautique et devant les cosmétiques.

Qu’adviendra-t-il de nos régions viticoles ?

Chacun y va ainsi de son expérimentation pour protéger ses parcelles : certains plantent des arbres en bordure des vignes, pour leur apporter de la fraîcheur, ou les abritent sous des panneaux solaires. D’autres corrigent même les jus après récolte. Des études sont en cours pour créer, par croisement, des cépages plus résistants. On pense aussi à cultiver des cépages plus tardifs.

 

 

Ces évolutions ne seront donc pas sans conséquences sur le marché des vins.  Ainsi en va t-il pour le Champagne. La filière viticole britannique poursuit sa croissance et annonce la plantation en 2017 de plus d’un million de ceps, essentiellement de vignes destinées à la production d’effervescents (pinot noir et chardonnay), sur une surface d’environ 250 hectares. Leur production n’atteindra pas le marché avant 7 ou 8 ans. En 10 ans, les surfaces plantées en vignes ont progressé de plus de 135% au Royaume-Uni, elles ont quasiment triplé depuis les années 2000. La filière viticole britannique rassemble actuellement plus de 500 domaines et couvre plus de 1800 ha, bien loin derrière la Champagne certes, mais il nous faut rester vigilants car l’amélioration du climat est un processus très lent qui, au fil des années, demandera d’adapter sans cesse nos habitudes viticoles et commerciales.

 

Sources : Mon-Viti, Le Parisien, Greenpeace, statistiques.developpement-durable.gouv, phys.org